Autres auteurs - Histoire 11
"Vous savez, les femmes se sentent de moins en moins en sécurité dans les transports en commun. Il n'est donc pas étonnant qu'un jour, l'une d'elles prenne sa revanche, fut-ce sur un innocent. D'ailleurs, y a-t-il des hommes innocents ?" (une passagère en colère)
Bonne lecture,
Romeo, Webfootslave.
Le train de banlieue stationne le long du
quai de la gare St Lazare, presque vide. En tête de train, une jeune femme installée
dans un compartiment vide fume pensivement, les pieds posés sur la banquette qui lui fait
face. L'air absent, elle voit passer un jeune homme près de sa fenêtre, sans trop
prêter attention au regard étrange qu'il lançe sur elle en passant à sa hauteur.
Alexandra est fatiguée, un peu énervée et n'a qu'une envie : rentrer chez elle.
Le jeune homme est monté dans le wagon.
Curieusement, alors que tous les sièges sont libres, il choisit de venir s'installer à
proximité de la banquette occupée par Alexandra, de l'autre côté de la travée pour
être précis. Il lance de nouveau un regard oblique à la jeune femme, puis vers les
pieds de celle-ci. Alexandra tira une nouvelle bouffée de sa cigarette, vaguement
inquiète. Pourquoi faut-il qu'il vienne me faire ch... jusqu'ici celui-là ?
L'inconnu continue à regarder à la dérobée
les pieds d'Alexandra. Elle est chaussée de sandales en cuir, très simples avec une
large lanière sur le dessus du pied, reliée à un simple passant séparant le gros
orteil des autres doigts de pied. Ses ongles, un peu longs, ne sont pas vernis et
renvoient joliment l'éclat du soleil. La poussière de ses semelles salit le revêtement
du siège sur lequel elle appuie ses pieds mais visiblement, elle s'en moque...
"Vous ne savez pas qu'il est interdit de fumer dans ce wagon ?"
Alexandra sursaute et regarde méchamment le
nouveau venu. Elle ressent un frisson d'angoisse mais se raisonne vite. Le jeune homme qui
l'apostrophe ainsi n'est pas plus grand qu'elle et ne lui donne pas l'impression d'être
un voyou dangereux. Et puis elle a l'intuition qu'elle ne court pas de danger, sans
vraiment savoir pourquoi...
Elle choisit de garder le silence, surveillant
l'inconnu du coin de l'oeil
"Je vous ai parlé, il me semble..."
Alexandra hésite. Se lever, partir ? Elle
commençe à rassembler ses affaires mais l'inconnu est plus rapide. Il s'est déjà levé
et lui interdit toute fuite... Et personne en vue. Pire, le signal de départ se met à
retentir...
La jeune femme se met en colère
"Mais qu'est-ce que vous me voulez à la fin, vous pouviez vous mettre n'importe où
ailleurs si la fumée vous dérangeait tant ? Foutez-moi la paix ! "
Le jeune homme paraît hésiter. Quelque chose
n'est pas clair dans toute cette histoire. Il objecte, montrant les traces de poussière
laissées sur le siège par les semelles des sandales
"En plus, vous avez pourri les sièges..." Il s'avance vers Alexandra.
La jeune femme se renfonce dans son fauteuil et
pivote légèrement pour faire face à l'inconnu. Dans un geste de défense, elle ramène
ses cuisses contre son ventre dirigeant ses pieds vers lui pour parer à toute agression.
Elle commence à avoir peur, mais ne peut s'empêcher de ressentir de la colère
"Foutez-moi la paix, ou alors..."
"Ou alors quoi ?" sourit l'inconnu en avançant encore "Je veux juste que
vous cessiez de fumer.." Il tend la main vers la jeune femme, comme pour lui attraper
le poignet.
Alexandra détend violemment sa jambe et frappe
le jeune homme en pleine poitrine de toutes ses forces avec son pied. Il pousse un cri de
douleur, et reste un instant interdit, comme sonné par le coup qu'il vient de recevoir.
Sans attendre, Alexandra lui porte un second coup de pied, tout aussi rapide, tout aussi
violent, en visant le bas-ventre. L'inconnu pousse un véritable glapissement de douleur
et s'effondre en boule sur le sol.
Alexandra se sent instantanément soulagée de
voir avec quelle facilité elle a pu terrasser son adversaire. Maintenant qu'elle n'a plus
peur de lui, elle peut laisser libre cours à sa colère. Elle inspire une dernière
bouffée de tabac et jette le mégot par la fenêtre en se levant. L'inconnu continue à
gémir au sol, recroquevillé en chien de fusil.
Sans réfléchir, elle lui donne un nouveau
coup de pied, de toutes ses forces, lui arrachant un nouveau cri de douleur
"Alors, tu as compris maintenant ?"
Nouveau coup de pied. Nouveau cri.
"Tu es calmé, tu n'as plus envie de jouer au justicier ?"
Elle pose sans douceur sa sandale sur la joue
de son présumé agresseur et fait tourner son pied, lui écrasant la figure comme elle le
ferait pour écraser une cigarette, puis elle frotte durement sa semelle le long de sa
joue, d'avant en arrière, comme si elle l'essuyait sur un paillasson
"J'espère que mes semelles seront plus propres. Maintenant que je les ai essuyées
sur toi, je ne risque plus de salir les sièges... Eh Superman, quel effet ça te fait
d'être mon paillasson ?"
Elle commence à se prendre au jeu. Sa fatigue
et son énervement s'évaporent comme par magie à mesure qu'elle se défoule sur son
agresseur devenu victime
"Allez, défends-toi, tu ne vas quand même pas te laisser taper dessus par une
faible femme"
En riant méchamment, elle s'acharne sur son
adversaire toujours à terre, le frappant, le piétinant, déchirant ses vêtements en
frottant furieusement la semelle de ses sandales dessus...
Enfin, elle se calme un instant, écoutant
distraitement la voix suppliante du jeune homme qui implore sa pitié.
Elle remarque par terre des papiers épars, de
la monnaie, tout ce qui s'est échappé des poches de l'inconnu tandis qu'elle le passait
à tabac. Elle se penche pour ramasser une carte d'identité
"Martin Carpat... Eh bien voilà, tu as un nom... comme c'est drôle, tu devrais
plutôt t'appeler Martin Carpette "
Le jeune homme fait une tentative pour se
relever. Un coup de pied en plein visage le renvoie au sol, la lèvre ouverte
"Reste par terre ! Je n'en ai pas fini avec toi !"
Elle regarde son adversaire prostré à ses
pieds, gémissant. Son visage est si proche de son pied qu'elle peut sentir le souffle
chaud de sa respiration sur ses orteils
"Tu n'es vraiment pas une terreur" lance-t-elle, méprisante
La jeune femme prend son sac, les papiers de
son adversaire vaincu et se dirige vers le signal d'alarme. Elle appelle le jeune homme,
resté au sol la bouche en sang
"Martin ? Mr Martin Carpat résidant 26 rue du Pied Mignon..." annonce-t-elle à
haute voix, moqueuse
Affolé, le jeune homme se redresse. Il
comprend qu'il a perdu ses papiers, mais il ne sait pas à quoi veut en venir la jeune
femme
"Martin ? Tu sais ce que je vais faire maintenant ? Je vais tirer ce signal d'alarme
et porter plainte contre toi ! Dire que tu m'as agressée, mais que tu ignorais que
j'étais championne de karaté. Ce n'est pas vrai, mais on me croira quand on verra ta
figure"
Martin se relève en titubant. Il lance à
Alexandra un regard suppliant "Je vous en prie..."
Alexandra éclate de rire. Elle éprouve une
joie mauvaise à se venger de cet homme qui lui a fait si peur. Maintenant qu'elle le sent
à sa merci, elle a le triomphe tyrannique...
"Viens Martin, fais encore un pas vers moi et je tire la poignée..." Le jeune
homme s'immobilise instantanément
"Bien.... très bien... te voilà plus raisonnable. Tu as besoin de tes papiers
Martin ? Hmm, oui, je suis sûre que tu en as besoin"
Le jeune homme lui lance un regard désespéré
"S'il vous plaît...."
"La ferme ! Alors, tu veux récupérer tes papiers ? Il va falloir les mériter...
Que serais-tu capable de faire pour ça ? Dis-moi Martin, est-ce que tu serais prêt à
ramper pour les récupérer ? Serais-tu prêt à te traîner à mes pieds en suppliant ?
Ou préfères-tu entendre le son de l'alarme ? Le conducteur n'est pas bien loin...
Alors ? Je te laisse trois secondes... Un...deux...tr... "
Martin Carpat s'effondre à genoux,
implorant, sous le regard triomphant de sa tourmenteuse
"Très bien Martin, très bien. A quatre pattres maintenant... Allez !!! Voilà...
Maintenant traîne-toi devant moi. Et je te conseille de ne pas faire le malin, je garde
la main sur la poignée..."
Le jeune homme, décomposé, obéit aux ordres
dégradants que lui donne Alexandra. Parvenu à ses pieds, il lève vers elle ses yeux, la
suppliant de lui rendre ses papiers
"Demande-moi pardon d'abord pour m'avoir agressé comme tu l'as fait"
"Mais je n'ai jamais voulu vous agresser, je..."
"Demande-moi pardon, tu entends ? Tout de suite !!!"
"Je vous demande pardon. S'il vous plaît, rendez-moi mes papiers et oublions toute
cette histoire"
"Baise-moi les pieds"
"Quoi ? Vous êtes folle ?"
"J'ai dit : Baise-moi les pieds"
Alexandra crispe ses doigts sur la poignée du
signal d'alarme. Le mouvement n'échappe pas à Martin. Pleurant presque de honte, il se
prosterne pour embrasser les pieds d'Alexandra. En approchant sa bouche de ses orteils, il
distingue les petites particules de poussière qui se sont collées sur les pieds de la
jeune femme. Une odeur pénétrante s'infiltre dans ses narines. Il n'arrive pas à croire
ce qu'il est en train de faire
"Alors ?"
Mortifié, Martin pose ses lèvres sur les
doigts de pied de la jeune femme
"Baise mes pieds et demande pardon" La voix d'Alexandra est calme et
déterminée
Martin s'exécute de nouveau
"C'est déjà mieux. Lèche-moi les pieds maintenant..."
"Pitié, je vous en prie... je vous ai demandé pardon, j'ai rampé devant vous.
Ecoutez, je vous en prie..."
"D'abord, c'est le permis de conduire par la fenêtre. Ensuite l'alarme. Je ne crois
pas que tu aies le choix. Ca te servira de leçon pour l'avenir, si d'aventure tu voulais
recommencer à importuner une femme seule... Maintenant, lèche-moi les pieds. C'est un
ordre !"
La scène devient surréaliste. Surmontant sa
honte et son dégoût, Martin, vaincu, sort sa langue et commence à lécher les orteils
poussiéreux d'Alexandra. Le goût salé le surprend. Son estomac se noue en pensant qu'il
est en train de lécher la transpiration des pieds d'une femme. Mais a-t-il vraiment le
choix ?
Enfin, Alexandra lui ordonne d'arrêter sa
besogne dégradante. Soulagé, il se redresse, réclame ses papiers et la fin de ce
chantage odieux
Alexandra le regarde et éclate de rire
Elle pose son pied contre l'épaule du jeune
homme et le repousse en arrière
"Je ne suis pas très gentille vois-tu. J'aime humilier les hommes, les écraser
comme des vers de terre. Je n'ai jamais eu l'intention de te rendre tes papiers, je suis
désolée. Quant à l'alarme... continue Alexandra avec un sourire cruel, puis elle tire
la poignée
Noooooooooon s'écrie Martin, désespéré.
La sonnerie déchire le silence. Alexandra ?
Martin ? Ohhhhhhhhhhhhh le réveil... Déjà sept heures ? ... quel drôle de rêve...
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