Autres auteurs - Histoire 33

        Apprêtez-vous à entrer dans les mémoires intimes d'un explorateur que certaines découvertes ont changé à jamais. Une confession inavouable à ses pairs, mêlée d'admiration, de doux érotisme et de nostalgie. Il se souvient, il a connu le bonheur, au creux même de la sensualité...

Une histoire douce et sensuelle, empreinte de poésie, qui place la femme sur un piédestal et offre à l'homme de l'adorer. On regrette que tout ne commença pas par là, le visage du monde aurait peut-être eu bien meilleure mine aujourd'hui... 

Bonne lecture,

Romeo, Webfootslave.


Mémoires d’explorateur

Comment l’avouer sans me déshonorer ? Mais à ce jour, qu’importe !

J’avais été tant fasciné par cette pratique répandue que cela m’obsédait jusque en mes rêves nocturnes lors de nos longues traversées entre deux explorations. Certes le navire avait bonne figure, mais il en manquait tellement de féminines à bord…

Lorsque je découvris leurs deux silhouettes furtives, un soir de clair de lune, qui se glissaient à bord en escaladant la coque, je ne pus à me résoudre à les intercepter. Je me cachais, je les observais. Nous étions au large de cette île radieuse que nous quittions à regret. L’équipage entier dormait, ou cuvait. La plupart des matelots, y compris le tour de garde, ne voyait pas à juste titre l’intérêt de veiller ici à notre sécurité. Nous savions tous que la garde importait peu en ces contrées paradisiaques, où nous ne risquions rien que de bien  agréable… Les deux filles indigènes, avec leurs corps de rêve fraîchement sortis de l’eau, brunes et chatoyantes aux reflets de lune, aux fesses dénudées, ne cherchaient nulle fuite ni acte délictueux mais seulement à voir par jeu ce qu’était de plus près un tel bateau que le nôtre et, pourquoi pas, comment s’y cacher. Sans doute l’attrait de notre étrange société, au-delà de leurs mers, avivait leur puérile curiosité. Elles n’avaient cependant aucune notion des distances qui nous séparaient. Passagères ludiques plutôt que clandestines, elles n’imaginaient pas la seule durée du voyage et pensaient sans doute débarquer sur une île plus grande, assez proche de la leur. J’étais tellement séduit par leur audace naïve et l’innocence de leur comportement… Bercé des tendres fluctuations d’une mer calme, j’observais avec envie ces deux splendides jeunes femmes qui venaient bel et bien de  s’immiscer à bord alors que moi seul en savais la présence. Le sentiment de commettre une faute, un abus, me tenaillait. Mais elles étaient si belles…

Je les suivis et les espionnais. Lorsqu’elles se faufilèrent en gloussant à l’intérieur des cales, et semblaient y aménager leur nid, je les laissais s’installer. Lorsqu’elles furent silencieuses et prêtes au grand voyage, je n’eus, de l’extérieur, qu’à tourner la clé… Elles seraient à moi pour la totale durée du voyage.

L’insomnie de mes nuits n’eut dès lors d’autre objet que de devenir le leur. Elles m’avaient, en leur arcane, accueilli d’une telle générosité… Les douceurs de leurs formes me furent prodiguées avec la spontanéité d’une tendresse innée, sans anathème ni sacro-sainte prédication… Contre nourriture et secret partagé, je passais ainsi des heures et des nuits la tête entre leurs cuisses, oscillant de bonheur sous leurs corps ondoyants, louant de mes  lèvres leurs fesses qui m’étouffaient, qui m’embrassaient, qui siégeaient sur ma face… J’embrassais leur âme, tour à tour sous chacune et souvent sous les deux. C’étaient de ces pratiques locales dont nous fûmes témoins et qui me hantaient tant. J’en bégayais de bonheur en mon cœur égoïste tel un véritable enfant comme elles savaient les prendre. En effet, les femmes et les filles de cette île avaient l’art de calmer les turbulences d’adolescents et jeunes hommes, parfois leur propre fils, en siégeant simplement sur ces corps d’éphèbes ou ces visages jouvenceaux qu’elles immobilisaient alors de leur poids lourd et tendre, le temps de soulager toute ardeur amoureuse innocente. Et il allait sans dire qu’une telle ardeur, bien souvent, profitait follement à celles qui savaient en user… Ainsi tout jeune garçon disposait du loisir, considéré décent, de se soulager certes dans le vide mais sous le poids d’une femme sise avec fierté sur son entendement prisonnier. Tout jeune homme ou tout homme, le visage plongé au cœur même de ses désirs les plus coupables, goûtait ainsi au plaisir inouï d’étouffer entre deux belles fesses, d’être pris sous deux cuisses étouffantes, ou même bâillonné de lèvres aphrodisiaques venant baiser les siennes… La femme de ces contrées avait ainsi gagné ce droit puissant et tellement naturel d’être révérée. Et j’avais tant observé de celles qui subtilement jouissaient à l’éclosion isolée du fruit détenu, souveraines sur des bustes dociles ou des têtes soumises, qu’enfin mon rêve avide se concrétisait. Je devenais cet homme apprivoisé que leurs mères avaient dompté, à la fois leur geôlier et leur serf, à leurs pieds, sous leurs fesses, dominé de leurs immenses complaisances.

Mes “captives”, complices, jouirent ainsi tant de fois sur mon corps, sur mon visage fou, au  point que leur seul souvenir ravive en moi cette passion tangible encore à ce jour, ainsi que ce désir incontrôlable de m’étendre au sol afin de mieux rêver d’elles… Elles sur moi, m’écrasant, me piétinant par jeu, me chevauchant, séantes sur mon corps, pesantes sur mon buste, accolées à ma bouche, à mon sexe, à ma gorge… Que de nuits délicieuses  passais-je en leur onctueuse citadelle ! Autant de douceur dérobée que je ne connus point dans le respect contraint de nos dogmes austères.

Je les ai discrètement débarquées, sur une île inconnue. Je ne pouvais leur mentir jusque chez nous. Je n’ai pas cherché à leur expliquer comme notre monde était éloigné du leur, bien trop policé, compliqué, stupide même et tellement cruel envers l’innocence et la simplicité. Je leur laissais croire qu’elles trouveraient là, sur cette île nouvelle, le bonheur qu’elles méritaient, ce que j’implore encore aujourd’hui en demandant grâce à Dieu, pour  elles, et quelque clémence, pour mes obscurs péchés dont aucun prieur n’obtint encore à ce jour le privilège d’entendre la confession.


Auteur 18X


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