Extrait du Livre des Gardiennes,
"Mémoires d'un esclave", chapitre XI.
Rome, 320 a.d.
Connu sous le nom actuel de "Esclave perdu sans collier".
Duan Herald, 1999. Dédié au Fétichisme des pieds féminins.
Suite du Chapitre X :
Lentement, ma nouvelle Maîtresse prit une coupe et but lentement le breuvage clair. Puis elle la reposa sur le plateau et dit :
"Bien, maintenant tu m'appartiens. Tu auras droit à tous les égards réservés aux bons esclaves, si tu ne me déçois pas. Couche-toi à mes pieds, esclave, je suis impatiente de goûter de nouveaux plaisirs."
A ces mots, je sus que j'étais accepté et que j'allais enfin pouvoir regagner la place qui m'était dévolue.
"Maîtresse, dis-je respectueusement, bien que désireux de vous obéir, ne devrais-je pas changer de vêtements avant de vous servir ? "
Elle me regarda, l'oeil malicieux, courroucée de ne pas lui avoir obéi instantanément et me dit :
"Tu retardes le moment de me servir. Pourquoi tiens-tu vraiment à changer ton apparence, esclave ?
- je suis bien trop sale, Maîtresse pour toucher les fines étoffes de vos coussins.
- Eh bien, déshabille-toi, je tiens à te voir immédiatement sous mes pieds. Fait ! "
A cet ordre qui ne souffrirait aucune contrariété, je me séparai de mes vêtements, enlevai mes sandales et posai le tout par terre, près d'un mur. Alors, nu, je me couchai sur le sol de marbre, sous le regard satisfait de ma nouvelle jeune Maîtresse. Celle-ci daigna replier un peu ses jambes pour que je puisse sans bousculer ses pieds me glisser à demi sous les épais coussins bouffants.
Dos au sol, sur le marbre froid, je pus ramper sans trop de peine sous les énormes coussins à la texture lisse, le poids de leur occupante étant réparti sur une assez belle surface. De mon corps ne dépassait plus que la tête et le dessus des épaules. Des frissons me donnaient la chair de poule. Etaient-ce des frissons dûs au contact de ma peau nue avec la pierre glacée ? ou étaient-ils causés par l'excitation qui m'envahissait de savoir que j'allais à nouveau servir les pieds d'une noble dame ? Sûrement à cause des deux, à n'en pas douter.
Lorsqu'elle me sentit plus ou moins immobile sous elle, ou qu'elle jugea le moment opportun, la noble jeune femme étendit ses jambes dans leur position initiale, exposant à mon visage attentif les semelles claires de ses fines sandales de cuir. J'admirai autant la propreté des semelles que l'étroitesse des pieds qui les portaient et qui pourtant dépassaient un peu. Seuls quelques grains de poussière tachetaient la surface lisse des semelles. Mon esprit habitué d'esclave de pieds en déduit que soit le sol était d'une propreté rare, soit elle ne marchait pas beaucoup... ou les deux. Quoiqu'il en fût, cela me parut de bonne augure.
Couché ainsi, le visage sous ses pieds, elle ne devait voir de moi que le bord de mon visage, le reste étant caché par ses pieds qui m'avaient paru tantôt si délicieux.
"Que fais-tu à présent ? Restes-tu là sans rien faire ? demanda-t-elle. Ce ne sont pas mes sandales que tu va lécher, n'est-ce pas ?
- Non, Maîtresse, dis-je doucement, mais me l'ordonneriez-vous, que je les lècherais avec entrain !
Puis, après une courte pause :
- Puis-je ôter vos sandales qui parent si bien vos pieds, Maîtresse ?
Elle sembla amusée par mes paroles ; je la sentais presque sourire.
- Parles-tu donc toujours de cette charmante manière, esclave ? soupira-t-elle. Puis, cette question n'attendant pas de réponse, elle ajouta :
- Bien sûr, déchausse-moi ! Et fais honneur à ton titre, esclave de pieds."
Lentement, pour ne pas créer de remous inutiles et désagréables pour ma Maîtresse, je dégageai mon bras droit le long de mon corps. Une fois ma main sortie, je recroquevillai mon bras contre moi et entrepris de retirer délicatement la sandale du pied le plus proche de mon visage. Je pinçai entre le pouce et l'index la fine semelle à hauteur du talon, duquel elle était écartée. La sandale ne tenant au pied que par une fine attache passant entre le premier orteil et le deuxième, il me fut facile de faire glisser la sandale le long de la plante, qui se révéla à mes yeux adorateurs.
Comment décrire ce que je ressentais, à la vue si proche et si nette de la plante du pied de ma Maîtresse ? Une plante magnifique, de la couleur du lait et du désert, des orteils fins et rosés, un talon étroit et racé, une arche qu'auraient enviés les meilleurs architectes... Oui, c'est à cet instant que je peux dire avoir atteint le bonheur et la plénitude de mon esprit soumis et adorateur.
Flottant sur un nuage de volupté, je parvins à déchausser l'autre pied qui m'apparut tout aussi fameux et admirable. Lentement, je posai la seconde sandale à l'aide de mon bras plié, à côté de ma tête. Les extrémités, si féminines, de ma Maîtresse reposaient à quelques pouces de mon visage ; pourtant je distinguais chaque détail, je parcourais des yeux chaque sillon de la peau pour me perdre dans l'infini de ses pieds.
Une maladie occulaire incurable et s'agravant avec l'âge m'était apparu très jeune, lorsque feue mon ancienne Maîtresse me dressait encore à son usage. Je voyais de moins en moins nettement de loin, alors que ma vision des choses proches de moi s'accentuait. Ma regrettée Maîtresse m'avait assuré que cela ferait de moi un meilleur esclave de pieds. Je verrais ainsi mieux les pieds posés sur moi et n'aurais pas l'attention détournée par ce qui se passait au-delà.
Et en effet, je ne l'ai jamais déçue.
Une belle époque.
Un frisson parcourut mon corps à ces souvenirs qui surgissaient si soudainement. Les frissons s'accentuèrent lorsque parvint à mes narines la fragrance douce et presque palpable des pieds nus de ma nouvelle Maîtresse.
Une odeur envoûtante, savamment épicée, un parfum des Dieux, indescriptiblement enchanteur. Cela devait faire trois cycles lunaires que je n'avais senti pareil parfum, celui des pieds de mon ancienne Maîtresse.
Un mouvement quasi imperceptible des orteils de ma nouvelle Maîtresse me sortit de ma contemplation et de mes rêves. Ce mouvement, que je connaissais si bien pour l'avoir interprêté des milliers de fois, me rappela qu'elle devait attendre impatiemment la caresse de ma langue sous ses pieds. Les pieds ne mentent pas et j'avais appris à dure école à les lire.
Pour lécher les pieds, il me suffisait de sortir ma langue, qui se trouverait presque directement en contact avec la peau. Ce que je fis.
Je touchai d'abord la plante du bout de la langue, pour goûter la peau, un peu acide. Ensuite, je fis décrire à ma langue de petits ronds de volupté sous l'arche blanche et admirablement courbée, ce qui fit frissonner ma Maîtresse. Puis, après quelques tours, ma langue se dirigea vers le talon, qu'elle contourna, non sans laisser derrière elle une petite trace d'humidité, qui devait sembler bien fraîche. Puis je relevai doucement le menton, ma langue effleurant à peine le pied, vers la plante, en passant par le bord de pied. Le pied, lui, se prêtant au jeu de mon appendice, se baissa un peu pour mieux reçevoir ses caresses. D'un trait, je léchai délicatement la base des orteils, en commençant sous le plus grand, vers le plus petit. Puis j'introduisis lentement ma langue entre chaque doigt de pied, les écartant comme des pétales de roses. Ma Maîtresse frémit et pourtant ne libéra aucun son, fière et hautaine. Elle sut qu'elle avait fait le bon choix, je le sentais.
Mais je n'en avais pas fini. Je pouvais faire durer le plaisir des heures durant, des nuits entières, si il le fallait. Alors, après avoir laissé au bout de ma langue tout le travail de reconnaissance, je fis participer mes lèvres et ma langue toute entière pour de plus amples présentations. J'embrassai langoureusement le creux du pied à pleine bouche, puis le talon, puis la plante, puis les orteils que je suçai un à un, comme des doigts gourmands. J'alternai léchages éperdus et titillement subtils en un savant mélange, fruit d'une longue expérience et dont le but ultime était le plaisir absolu de ma Maîtresse.
Au cours de ces moments, mon esprit flottait, à l'unisson du plaisir de ma Dame, de ma Maîtresse. Je sentais que celle-ci aimait ce que je lui faisais. Voilà qu'elle découvrait de nouvelles sensations, jamais explorées, vierges, insoupçonnées. Le temps n'avait plus court dans mon esprit et mon corps entièrement dévoués.
Tout en faisant acte d'obéissance, je pensai à ma première Maîtresse, celle qui m'avait tout appris, celle dont je baisais les pieds autant pour obéir à ses désirs que pour la remercier de m'avoir initié. Trois mois. Trois mois que je n'avais léché de pieds. Je ne savais pas que cela me manquait autant. Elle m'avait drogué de son plaisir.
A son souvenir, ravivé par les jeunes pieds me surplombant et que je léchais avec tant de ferveur, je sentis mon esprit transporté dans le passé, loin, loin...
Fin du Chapitre XI.
( suite... )
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